Barbra Streisand : Biographie

Chanteuse, actrice, réalisatrice, productrice : de multiples talents !

Il est difficile de résumer presque 50 ans de carrière, tant elle est foisonnante ! Tentons cependant d'en reprendre ici les éléments principaux.

Carrière



Ses débuts


Barbara Joan Streisand est née le 24 avril 1942 à New York, dans le quartier de Brooklyn. Son père, Emanuel Streisand, professeur d'une High School new yorkaise, meurt l'année suivante.


* 1er disque amateur à 13 ans : elle enregistre les chansons "Zing went the strings of my heart" et "You'll never know". Parallèlement, elle joue de petits rôles dans des pièces de théâtre entre 1957 et 1959 ("The Desk Set", "The Boyfriend", "Another evening with Harry Stoones",...) et est engagée en 1960 au Club "The Lion" à Greenwich Village. C'est l'époque où elle décide de supprimer le 2ème " a " de son prénom.

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Forte de sa réputation acquise dans ce bar, elle fait sa rentrée à partir de septembre 1960 au night-club de New York " The Bon Soir " ; prévue pour 2 semaines, elle y chanta finalement 2 mois et demi... Son répertoire est déjà en place : "A sleepin' bee", "Lover, come back to me" ou "Who's afraid about the big bad wolf".

* Dès 1961, alors que les clubs de Detroit, St Louis, New York la réclament, sa médiatisation se met en marche : les radios l'invitent, et Barbra apparaît finalement pour la première fois à la télévision dans "The Jack Paar Tonight Show", le 5 avril 1961 ; ses premières chansons chantées à la télévision : "A sleepin'bee" et "When the sun comes out". Suivent très vite d'autres apparitions dans la petite lucarne : le Mark Wallace PM Est dès juillet 1961, le Garry Moore Show le 29 mai 1962.

* En fait, l'invitation à cette dernière émission suit les excellentes critiques sur le rôle de Barbra dans la pièce "I Can Get It For You Wholesale". Sur un livret de Jerome Weidman et la musique de Harold Rome, et Herbert Ross à direction des numéros musicaux, "I Can Get It For You Wholesale" débute au Shubert Theatre de New York le 22 mars 1962. Cette pièce est un tremplin dans sa carrière : à 20 ans, pour sa première montée sur les planches de Broadway, le rôle de Miss Marmelstein (un second rôle d'une secrétaire se sentant exploitée) lui vaut une nomination au "Tony Award® Best Featured Actress in a Musical" (l'équivalent de notre Molière) !
Cette même pièce lui permet également de rencontrer Elliot Gould, son futur mari.

* Enfin, la chanteuse voit ses efforts récompensés : son 1er album (1963) remporte 3 Grammy Awards (dont ceux de l'album de l'année et de chanteuse de l'année). On y retrouve le répertoire qui a fait sa réputation, des chansons broadway ou jazz datant des années 20 ou 30, dont l'un de ses titres fétiches : "Happy Days Are Here again" .


L'ascension d'une Star


* le rôle-titre dans la comédie musicale " Funny Girl " va lui conférer le titre de Star. "Funny Girl" brosse le portait de Fanny Brice, star du Broadway des années 20 et 30. Commédienne, chanteuse, Brice (de son vrai nom Fania Borach) connut la renommée grâce aux Ziegfeld's Folies, où elle tenait l'un des rôles principaux aux cotés de Fred Astaire ou Judy Garland, mais aussi grâce à une émission de radio, pour laquelle elle a créé le rôle de "Baby Snooks". Produite par Ray Stark, le gendre de Brice, la pièce "Funny Girl" ne reprend que quelques aspects de la carrière de Fanny, mais contient LA chanson qui a fait son succès : My Man, reprise anglaise du "Mon Homme" chantée par Mistinguett. A noter que Sydney Chaplin, fils de Charlie Chaplin, fut de l'aventure jusqu'en juin 1965.

* Le succès de la pièce, qui reçu un Grammy Award (Meilleure musique pour une comédie musicale), propulsa Barbra. Outre une nouvelle version de "My Man", on retiendra les chansons "People" et "Don't Rain on My Parade", désormais faisant partie du répertoire classique de Streisand.
Au total, du 26 mars 1964 au 26 décembre 1965 aux Etats-Unis, puis en 1966 en Angleterre (au Prince of Wales Theatre de Londres), Streisand donna près de 1000 représentations. Plus tard, en 1991, elle se souvient avoir écrit à la fin de chaque représentation ses impressions ou ses craintes.
Elle profitera de son passage à Londres pour participer à la soirée donnée à l'Ambassade américaine le 12 juin 1966 en l'honneur des 40 ans de l' "American Musical Theater", lors du "Festival of American Arts & Humanities".


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* 1965 : 2 ans après la sortie de son premier album, Streisand imagine son 1er show télé, "My name is Barbra".
Filmé en mars et avril 1965, par petits bouts, aux studios CBS, le show fut diffusé à 9 heures du soir le 28 avril 1965. Il s'agit déjà du 40e passage à la télé de l'artiste ! Streisand reçu 2 Emmy awards pour ce show. Innovation en la matière, c'était la 1re fois que l'on voyait un tel one man show télévisuel, structuré en 3 parties distinctes dont une au moins consistait en une prestation dans les conditions du direct devant un public.
Ce show est le premier d'une belle série : "Color me Barbra", 1966 ; "The Belle of 14th Street", 1967 ; "A Happening in Central Park", 1968 (extraits du concert de 67) ; "Barbra Streisand and Other Musical Instruments", 1973 ; et "Funny Girl to Funny Lady", 1975. Pour plus de détails, cf. la page spéciale "Shows télés".

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* Son 9ème album, avec Michel Legrand, " Je m'appelle Barbra " (1966), montre son attachement pour la langue de Molière et la culture française. Elle est également passionnée par la haute couture française et vient plusieurs fois en France, notamment avec son mari d'alors, Elliott Gould. Elle fut d'ailleurs élévée au rang d'Officier de la Légion d'Honneur le 28 juin 2007, "femme d'exception, amoureuse de la France, qui, après 47 ans de carrière, a donné, pour la première fois à Paris, un inoubliable concert" (communiqué de presse de l'Elysée).


* Le 17 juillet 1967, alors qu'une nouvelle vague musicale submerge le monde (The Beatles, Jimy Hendrix,...), Barbra Streisand donne un concert gratuit à Central Park, devant 135 000 personnes et qui dura 2h 1/2 . Ce concert a marqué Streisand : elle refusera tout autre concert public jusqu'en 1994. En effet, le conflit Israëlo-Arabe attise les tensions et Streisand, qui ne cache pas ses origines juives, est en plein tournage du film "Funny Girl" dont elle partage l'affiche avec ...l'Egyptien Omar Sharif ; l'Egypte voulait interdire le film. Stressée, avec la crainte d'être la cible d'un tireur caché dans la foule (et n'arrêtant pas de bouger sur scène), elle oublie quelques mots de la chanson "Value" ("A car is just a car").

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Début de sa carrière cinématographique


* La version cinématographique de "Funny Girl", dirigée par William Wyler et avec Omar Sharif, marque un tournant dans sa carrière : Oscar de la Meilleure Actrice, Golden Globe de la Meilleure Actrice. Pas mal pour un premier rôle !

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Face à ce succès, La Fox ne regretta pas d'avoir préféré Barbra Streisand à Carol Channing pour le rôle-titre d'un film reprenant un autre grand succès de Broadway, Hello Dolly (alors que Channing aura porté ce rôle pendant 2844 représentations). Réalisé par Gene Kelly, avec Walter Matthau et Michael Crawford, le film remporta trois oscars : meilleurs décors, meilleure musique d'un film musical, meilleur son ; Louis Armstrong y fait une courte et mythique apparition.

*1970 : 6 mois à peine après la sortie de Hello Dolly, Streisand est de nouveau à l'affiche d'un film réalisé par un autre grand nom du cinéma : "On A Clear Day You Can See Forever" de Vincente Minnelli, où elle partage l'affiche avec Yves Montand. Dans les seconds rôles, on notera la présence du jeune Jack Nicholson, qui malheureusement vit nombre de ses scènes coupées au montage (dont une scène chantée).



L'éclectisme des 70's


* Suivent 3 films, dont la comédie "What's Up, Doc?" qui donne son nom à ce site, collaboration avec Ryan O'Neal réitérée quelques années plus tard avec le film "The Main Event".
Streisand devient une actrice recherchée ("What's Up, Doc?" est le 2e plus gros succès de l'année 1972 aux USA, après "Le Parrain"), ses rôles donnent une nouvelle image de la femme au cinéma ("Up the SandBox", 1972 également, montre une femme engagée).
C'est à cette époque que Streisand s'engage politiquement auprès des démocrates, et qu'elle commence à s'impliquer pour les droits civiques.
Arrive ensuite le fameux "Nos plus belles années" (1973), de Sydney Pollack, où le couple qu'elle forme avec Robert Redford est devenu un "incontournable" hollywoodien ; Marvin Hamlisch et les Bergman (Alan et Marylin) se voient décerner l'Oscar de la meilleure bande originale et celui de la meilleure chanson originale ("The Way We Were", encore un autre grand succès du répertoire streisandien, et qui est d'ailleurs le titre anglais du film).

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* Sa carrière cinématographique ne l'empêche pas de continuer à enregistrer de nouveaux albums, cette fois-ci plus ancrés dans leur temps : "Stoney End", "Barbra Joan Streisand" et "Butterfly" contiennent des compositions de Randy Newman, Carole King, Laura Nyro ou David Bowie.

* "Une Etoile Est Née" en 1976, avec Kris Kristofferson (Streisand souhaitait Elvis pour ce rôle mais le colonel Parker ne fut d'accord) remporte 5 Golden Globes (dont celui de meilleure actrice), et de l'Oscar de la Meilleure Chanson Originale de Film pour " Evergreen " (Barbra Streisand / Paul Williams) ; c'était la première fois qu'une femme recevait cette récompense.
Exemple de la diversité de style de Streisand, elle parvenait à faire sortir la même année son "Classical album", bel opus enregistré 3 ans plus tôt où elle démontre sa parfaite qualité de chant, interprétant Debussy, Fauré, Haendel, Orff...
Le tube disco en duo avec Donna Summer, "No More Tears (Enought is Enought)" (79) précède l'énorme succès du disque "Guilty" (collaboration avec les Bee Gees) en 1980.



Streisand passe derrière la caméra


Projet cher à son coeur, d'après une nouvelle de Isaac Bashevis Singer, Barbra produit et réalise "Yentl", son premier film en tant que réalisatrice (et dédié à son père) ; il remporte l'Oscar de la musique (Michel Legrand) et deux Golden Globes : Meilleur Film Comédie/Musicale et Meilleur Réalisateur.

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* En 1985, avec "The Broadway Album", Streisand revient vers ses premières amours : un album entièrement dédié à Broadway, à contre-courant de la mode de l'époque. Et cela paye (contrairement à ce que pensait Columbia Records, très réticente) : n°1 des ventes à sa sortie, quadruple disque de platine aux USA, et Streisand remporte le Grammy Award de la Meilleure Performance Vocale Pop par une Artiste Féminine, face à Dionne Warwick, Madonna, Cyndi Lauper et Tina Turner !



Retour sur la scène d'une "légende"


* Autres succès : son deuxième film, "Le prince des marées" en 1991 avec Nick Nolte, et son retour (enfin !) sur la scène avec deux concerts mémorables à Las Vegas au nouvel an 1994 suivi d'une série de concerts au Madison Square Garden. Devenue une véritable icône aux Etats-Unis, ses tournées lui permettent de récolter des fonds pour sa fondation (aide aux victimes du sida, soutien aux politiques environnementales, aux programmes de droits civiques, etc.). A noter qu'elle est également un des principaux donateurs du parti démocrate, qu'elle soutient depuis les années 60. Sur le plan privé, elle s'est remarié avec l'acteur James Brolin.

* En 2000, sa tournée (dont deux concerts en Australie dans des stades de 30000 personnes affichant complet) fut saluée pour son exceptionnelle qualité technique. La même année, elle devient l'artiste toute catégorie confondue ayant obtenu le plus de Golden Globes. Elle est la première femme réalisatrice à remporter le prestigieux Life Achievment Award de l'American Film Institute.

* En 2005, pour fêter les 25 de l'album "Guilty", Streisand et Barry Gibb retravaillent ensemble pour l'album "Guilty Pleasures", au son très californien.

Guilty Pleasure

Enfin, en 2006 en Amérique du Nord puis en Europe l'année suivante, elle se produit dans une série de concerts unanimement salués par la critique (Streisand devenant la 2e artiste la plus "bankable" de l'année, après les Stones, devant Madonna) ; Il s'agit de ses premiers concerts dans des pays non-anglophones, dont un superbe concert à Paris le 26 juin 2007 (comme certains d'entre-vous, j'y étais !).

A suivre...

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